L’âge de départ en retraite est sans cesse repoussé et pourrait sans doute continuer de l’être.
Après des années d’implication totale et d’efforts pour développer votre société, vous nourrissez peut-être le même objectif que beaucoup : pouvoir ralentir le rythme avant la retraite voire arrêter complètement.
L’âge de 55 ans revient souvent comme le moment décisif, mais cette volonté peut s’exprimer 5, 10, voire 15 ans avant la retraite qui est aujourd’hui atteinte à l’âge légal de 64 ans pour bon nombre de dirigeants.
Mais alors, quelle stratégie de rémunération doit-on mettre en place lorsque l’on veut répondre à cet objectif ?
Vous trouverez dans cet article quelques conseils pour y parvenir.
Dirigeant : plusieurs scénarios possibles pour lever le pied avant la retraite
Scénario 1 : continuer une activité partielle
Maintenir une activité partielle
Dans ce premier scénario, le dirigeant choisit de conserver une activité réduite au sein de son entreprise.
Cette organisation permet de continuer à générer un chiffre d’affaires et donc de percevoir une rémunération régulière, adaptée à la baisse de son implication.
Compléter ses revenus avec des sources passives
Si le dirigeant est en mesure d’estimer la baisse de son activité et le niveau de vie qu’il souhaite malgré tout maintenir, alors il est possible de déterminer les efforts financiers à faire en amont pour réussir à se constituer des sources de revenus passifs.
Ces revenus viendront compléter la rémunération qu’il pourra se verser grâce au maintien partiel de son activité professionnelle.
Avancer en toute sécurité
Cette solution offre une sortie progressive et sécurisée, permettant de continuer à bénéficier de certains avantages sociaux par l’intermédiaire de la société comme la complémentaire santé, la prévoyance et autres dépenses qui pourraient être prise en charge par l’entreprise.
La rémunération que le dirigeant continuera de se verser lui permettra de maintenir sa couverture sociale, valider des trimestres de retraite et potentiellement augmenter ses droits à retraite.
Scénario 2 : arrêt total de l’activité
Céder ou fermer l’entreprise
Dans ce deuxième scénario, le dirigeant fait le choix d’une rupture complète de son activité professionnelle.
Cela passe généralement par la cession totale de l’entreprise ou, dans certains cas, par l’arrêt définitif de l’activité.
Vivre de son patrimoine
À partir de ce moment, le dirigeant doit vivre exclusivement des revenus générés par son patrimoine personnel.
Ces ressources peuvent provenir de loyers issus de placements immobiliers, de dividendes de sociétés dans lesquelles il conserve des participations, de placements financiers ou encore de rentes liées à une cession avec paiement échelonné.
Rupture avec son entreprise
Ce choix permet de tourner définitivement la page de la vie professionnelle et d’accéder à une pleine liberté.
Le dirigeant peut alors se consacrer à ses projets personnels et profiter de sa retraite.
Dans ce scénario, il ne profite plus de couverture sociale.
Il ne valide plus de trimestres de retraite, et doit même potentiellement s’acquitter de la Taxe Puma.
C’est une décision qui peut avoir de lourdes conséquences sur ses futures pensions de retraite de base et complémentaires.
Tous les trimestres de retraite manquants entraineraient des malus sur ces pensions.
Le nombre de trimestres de retraite manquant étant plafonné à 20, les malus pourraient représenter jusqu’à 25 %.
Ce scenario n’est donc pas le choix optimal si vous souhaitez profiter de pensions de retraite intéressantes lors du départ officiel.
Scénario 3 : la stratégie d’encapsulement
Lorsqu’un dirigeant envisage de lever le pied avant la retraite, la mise en place d’une stratégie d’encapsulement, s’avère souvent incontournable.
Cet encapsulement peut potentiellement se faire de 2 manières.
Encapsuler dans sa société d’exploitation
Sous réserve que les statuts de votre société d’exploitation vous le permettent et surtout que vous n’ayez pas de projet de céder cette société à terme, ce schéma est tout à fait envisageable.
En effet, vous pourrez développer le patrimoine qui vous génèrera des revenus demain, sans nécessairement devoir créer une nouvelle structure et en supporter les frais.
Cela soulève un risque si votre société se trouvait en difficulté financière.
Ce patrimoine faisant parti des actifs de l’entreprise, il pourrait être saisi.
Encapsuler dans une société holding
Si vous envisagez de céder votre société d’exploitation ou que vous souhaitez tout simplement dissocier votre activité professionnelle du développement de votre patrimoine, alors la constitution d’une holding à tout son sens.
Vous pourrez procéder à des remontées de dividendes en profitant d’un régime fiscal de faveur appelé régime mère-fille.
De cette manière, votre société holding pourra réaliser les investissements pour votre compte et continuer de vous verser une rémunération le jour où vous cesserez de travailler.
Cette approche d’encapsulement au travers de la société d’exploitation ou par l’intermédiaire d’une société holding, permet, à terme, de générer des revenus passifs pour remplacer progressivement la rémunération active.
Pour savoir s’il est préférable de capitaliser à titre personnel ou professionnel, n’hésitez pas à consulter tous nos conseils ici !
Un levier pour continuer à cotiser
Que ce soit par l’intermédiaire de la société d’exploitation ou par une société holding, l’intérêt d’encapsuler et de développer son patrimoine de cette manière est double.
D’une part, car cela permet de continuer à se verser une rémunération, même minime, ce qui assure l’affiliation à un régime social.
D’autre part, cela permet de continuer de valider des trimestres de retraite.
Pour cela, il suffit de percevoir l’équivalent de 600 heures de SMIC brut par an pour valider 4 trimestres.
Cela correspond à un niveau de rémunération relativement faible, 7 212 € en 2026, qui peut être parfaitement compatible avec une activité allégée.
Dans certains cas, lorsque le dirigeant n’a pas encore validé ses meilleures années pour le calcul de sa pension, il peut être pertinent de viser une rémunération annuelle correspondant au Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), 48 060 € pour 2026.
Cela permet d’optimiser les 25 meilleures années prises en compte dans le calcul de la retraite de base.
Quel patrimoine faut-il viser pour générer des revenus passifs suffisants ?
Il est essentiel, en parallèle, d’estimer précisément le niveau de revenus passifs nets souhaités au moment de la baisse ou de l’arrêt de l’activité.
Que l’objectif soit de percevoir 3 000 €, 6 000 € ou 10 000 € nets par mois, il faut déterminer le patrimoine nécessaire pour générer ces flux financiers.
En retenant une hypothèse de rendement prudente, de l’ordre de 3 % net par an, il est possible de calculer le capital à constituer.
Voici un exemple de tableau très simpliste si vous avez fait le choix de développer votre patrimoine à titre personnel (scénario 2) :
| Revenus passifs nets souhaités | Capital nécessaire estimé (rendement 3 % net/an) |
| 3 000 € nets par mois | 1 200 000 € |
| 6 000 € nets par mois | 2 400 000 € |
| 10 000 € nets par mois | 4 000 000 € |
Si vous avez fait le choix de la stratégie d’encapsulement (scénario 3), il faudra aller chercher des capitaux nécessaires bien plus importants.
En effet, pour pouvoir les sortir de la société et obtenir un revenu net identique, vous devrez vous acquitter de potentielles cotisations sociales, de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur le revenu.
Pour simplifier le schéma, vous pouvez espérer un taux d’efficacité de 60 % sur chaque euro encaissé par votre société.
Ainsi, pour percevoir 3 000 € net par mois, votre société doit générer environ 60 000 € de revenus annuels (36 000 / 60 %).
En retenant la même hypothèse de rendement annuel de 3 %, le capital nécessaire estimé serait alors de 2 000 000 € (60 000 / 3 %) pour des revenus passifs nets souhaités de 36 000 € par an.
Ce patrimoine peut se composer d’un portefeuille de titres, d’immobilier professionnel ou locatif détenu via des SCI à l’impôt sur les sociétés, de parts de SCPI, ou encore d’investissements financiers.
Comment se verser un revenu de manière optimale ?
Une fois le patrimoine constitué dans une structure, l’enjeu est de définir une stratégie efficace de distribution des revenus.
Il ne s’agit pas simplement de percevoir de l’argent, mais de le faire de manière optimisée, durable et sécurisée.
Envisager un changement de forme juridique
Selon la forme juridique de votre société d’exploitation ou de votre société holding, si vous en aviez constitué une, il peut être opportun de la changer au moment ou vous allez commencer à vivre de votre patrimoine.
En effet, cette transformation vous permettra de profiter d’un nouveau statut social.
Cela pourrait par exemple être pertinent si vous souhaitez désormais bénéficier de dividendes exonérés de cotisations sociales. Notamment, en basculant votre EURL en SASU.
Maintenir une rémunération stratégique
Une fois le bon choix de forme juridique fait, le second levier consiste à se verser une rémunération suffisante.
Comme évoqué précédemment, cette rémunération permet de continuer à valider des trimestres pour la retraite, de rester affilié au régime d’assurance maladie, et selon le niveau choisi, de poursuivre la constitution de droits dans le cadre de la retraite complémentaire.
Optimiser avec des dividendes
En complément, le dirigeant peut privilégier les dividendes comme source principale de revenus. Lorsqu’ils proviennent d’une société, ils bénéficient d’un régime fiscal souvent plus avantageux que la rémunération classique.
Cela permet de se verser des revenus réguliers tout en optimisant la fiscalité personnelle et en allégeant le poids des cotisations sociales.
En résumé :
Lever le pied ne signifie pas renoncer à ses revenus ni compromettre sa retraite.
Avec une stratégie d’encapsulement bien structurée, il est tout à fait possible de ralentir l’activité tout en continuant à percevoir des revenus réguliers, en sécurisant ses droits sociaux et en optimisant sa fiscalité personnelle.
Comme souvent, la clé réside dans l’anticipation et une ingénierie patrimoniale adaptée.
Commencer à préparer cette transition 5 à 10 ans avant l’échéance au moins permet de construire des solutions efficaces, flexibles et pérennes.
C’est ce travail en amont qui garantit une liberté de choix et un avenir plus serein.
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