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SASU à l’IR : tout savoir sur son fonctionnement

La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est l’une des formes juridiques préférées des créateurs d’entreprise. Souple, moderne et rassurante, elle séduit les freelances, consultants et entrepreneurs solo. Par défaut, une SASU est imposée à l’impôt sur les sociétés (IS). Mais il existe une alternative méconnue : l’option pour l’impôt sur le revenu (IR).

Ce choix fiscal, possible seulement dans certaines conditions, peut offrir de réels avantages… mais aussi réserver de mauvaises surprises. Dans cet article, on vous explique ce qu’il faut savoir avant d’opter pour la SASU à l’IR.

Sommaire

Par défaut, une SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS). Cela signifie que les bénéfices de la société sont taxés à un taux fixe (15 % ou 25 % selon le niveau de bénéfice). Ensuite, si l’associé unique souhaite se verser des dividendes, il doit à nouveau payer un impôt personnel (Flat Tax de 31,40 % ou barème progressif).

Avec l’option pour l’impôt sur le revenu (IR), le schéma change totalement :

  • La société ne paie plus d’impôt sur ses bénéfices.
  • Les résultats (bénéfice ou déficit) sont directement intégrés à la déclaration d’impôt de l’associé unique.
  • L’imposition se fait au barème progressif de l’IR, dans la catégorie correspondant à l’activité (BIC, BNC ou BA).

Autrement dit, avec une SASU à l’IR, c’est votre foyer fiscal qui supporte directement le poids (ou l’avantage) des résultats de la société.

Tout le monde ne peut pas basculer sa SASU à l’IR. L’article 239 bis AB du CGI encadre cette option. Pour être éligible, il faut :

  • une société créée depuis moins de 5 ans,
  • un capital détenu à 100 % par une personne physique,
  • une activité commerciale, artisanale, agricole ou libérale (hors activités de gestion de patrimoine mobilier ou immobilier),
  • moins de 50 salariés et un chiffre d’affaires ou un total de bilan inférieur à 10 M€.

L’option est valable pour 5 exercices maximum, sans renouvellement possible. Il est toutefois possible d’y renoncer avant la fin.

Par exemple, vous créez votre SASU en 2024. Vous pouvez rester à l’IS les deux premières années, puis décider de basculer à l’IR en 2026.

  • En phase de lancement : si vous prévoyez un faible bénéfice, voire un déficit, l’IR permet de déduire ces pertes de vos autres revenus (salaires, revenus fonciers, etc.).
  • Avec peu de rémunération : l’IR évite la double imposition (société + dividendes) propre à l’IS.
  • En zones exonérées (ZFU, ZFRR, etc.) : certains entrepreneurs peuvent cumuler l’option IR avec une exonération d’impôt, et ainsi profiter d’un bénéfice totalement défiscalisé.

Barème progressif : si le bénéfice est élevé, vous pouvez rapidement grimper dans les tranches à 30 %, 41 % voire 45 %.

Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) : au-delà de 250 000 € de revenus (célibataire), une surtaxe peut s’ajouter.

Pas d’abattement de 10 % comme sur les salaires : chaque euro est imposé.

En résumé, l’IR est séduisant si vos bénéfices sont modestes ou si vous pouvez profiter d’exonérations. Mais au-delà d’un certain seuil, l’IS redevient plus avantageux.

Et c’est là que les choses se compliquent.

En SASU à l’IS, le président est assimilé salarié et cotise au régime général dès qu’il se verse une rémunération.
En SASU à l’IR, le bénéfice ne génère pas automatiquement de cotisations sociales.

Deux interprétations coexistent :

  • Certains estiment que le bénéfice relève des prélèvements sociaux (17,2 %).
  • D’autres considèrent qu’il s’agit de revenus d’activité soumis à 9,7 % de CSG-CRDS.

Depuis 2025, l’administration fiscale a multiplié les redressements en appliquant les 17,2 %.
Mais beaucoup de praticiens contestent cette position. Le débat est donc loin d’être tranché.

Par conséquent, le président de SASU à l’IR peut se retrouver sans couverture sociale s’il ne se verse pas un minimum de rémunération. Pas de validation de trimestres de retraite, pas d’indemnités journalières, pas de pension d’invalidité.

C’est la raison pour laquelle, nous vous conseillons de prévoir une rémunération annuelle d’au moins 7 212 € pour valider vos 4 trimestres, et idéalement 9 612 € pour éviter la taxe PUMa.

Deux grands schémas coexistent :

  1. Se verser un salaire : bulletin de paie, charges sociales, couverture classique.
  2. Se contenter du bénéfice : pas de charges sociales, mais risques de redressement et absence de protection.

En pratique, beaucoup d’entrepreneurs optent pour une rémunération minimale, juste pour valider leurs droits sociaux, et complètent leurs revenus via le bénéfice.

N’oubliez pas la prévoyance : en cas de maladie, accident ou décès, l’absence de couverture peut avoir des conséquences dramatiques.

La SASU à l’IR n’est pas faite pour tout le monde. Elle correspond surtout à :

  • l’entrepreneur en démarrage d’activité qui anticipe peu ou pas de bénéfice,
  • celui qui croit peu au système de retraite et préfère cotiser au minimum,
  • l’entrepreneur qui dispose déjà d’un statut salarié à côté,
  • celui qui peut bénéficier d’exonérations fiscales liées à son implantation.

À l’inverse, si vous anticipez des bénéfices confortables et que votre foyer fiscal est déjà bien imposé, mieux vaut rester à l’IS.

Ce qu'il faut retenir

La SASU à l’IR est une option fiscale puissante… mais piégeuse. Elle peut être pertinente pour lancer son activité, absorber des pertes ou profiter d’exonérations spécifiques. Mais elle comporte de nombreux flous juridiques et sociaux, notamment sur la question des cotisations.

En clair : ce n’est pas une solution miracle, mais un levier à manier avec précaution. Chaque situation doit être analysée au cas par cas, en fonction du bénéfice attendu, du foyer fiscal et des objectifs de l’entrepreneur.

Pour aller plus loin et découvrir des cas pratiques chiffrés, les démarches pas à pas et les pièges à éviter, découvrez ici le guide complet sur la SASU à l’IR.

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