La rémunération du président de SASU, est-elle obligatoire ?
Lors de la création de votre SASU, si vous êtes associé unique et dirigeant, vous avez toute latitude pour décider si vous souhaitez ou non vous rémunérer en contrepartie de votre mandat social.
Est-ce obligatoire ? Absolument pas ! Il n’existe aucune obligation légale imposant au président de SASU de percevoir une rémunération. Contrairement à d’autres structures, la SASU bénéficie d’une grande souplesse sur ce point : aucun texte ne régit les modalités de fixation de la rémunération du dirigeant.
Il faut malgré tout avoir en tête que vous devez vous rémunérer pour votre fonction opérationnelle dans la société.
Nous développerons ce sujet plus loin dans cet article.
Le statut de mandataire social :
En tant que président de SASU, vous êtes considéré comme mandataire social. Cela signifie que vous êtes une personne physique mandatée par une personne morale (une entreprise, une société, une association…) pour la représenter, la diriger et la gérer vis à vis des tiers.
Attention dans le cas où le mandataire social ne se rémunère pas, il n’a pas de protection sociale.
Il faut savoir que le mandataire social d’une SASU peut également être une personne morale.
Vous pouvez par exemple vous retrouver dans cette situation si vous détenue une société holding.
Celle-ci pourra alors être présidente de votre SASU et facturer des frais de mandat.
Fixation libre de la rémunération :
Vous pouvez choisir de ne pas vous rémunérer, surtout en phase de lancement.
Votre statut vous offre l’immense avantage de ne pas avoir de cotisations minimales même si vous ne vous rémunérez pas.
Un mandataire social n’étant pas salarié pour son rôle de dirigeant, sa rémunération ne suit pas les règles applicables aux salaires, comme celles du salaire minimum, la fixation du salaire est donc libre.
Pourquoi se rémunérer ?
- Validez vos trimestres de retraite : en 2026, percevoir l’équivalent de 7 212 euros (600 heures de SMIC) permet de valider 4 trimestres. Notez qu’il faut au moins deux bulletins de paie par an pour obtenir ces trimestres.
- Évitez la taxe PUMa : cette taxe s’applique si vos revenus d’activité professionnelle sont insuffisants. Assurez-vous de respecter les seuils requis. Cliquez ici si vous souhaitez en savoir plus sur la taxe PUMa.
- Assurez votre prévoyance : les prestations en cas d’arrêt maladie, d’accident ou encore d’invalidité sont proportionnelles à vos cotisations. Sans rémunération, vous ne cotisez pas et ne bénéficiez pas d’indemnités journalières.
Faut-il réaliser une fiche de paie en tant que président de SASU ?
Pour verser une rémunération, l’établissement d’une fiche de paie est obligatoire.
En tant que président de SASU, vous êtes assimilé-salarié, et votre rémunération doit passer par un bulletin de paie. Celui-ci sert de base pour calculer les cotisations sociales à verser aux différents organismes.
Si vous ne vous rémunérez pas, aucune fiche de paie n’est nécessaire.
Il faut savoir que l’édition d’un bulletin de paie coûte entre 25 et 35 € par mois HT en moyenne.
Est-il possible d’être président de SASU en étant au chômage ?
Oui ! Il est tout à fait possible de cumuler son statut de président non-rémunéré tout en maintenant son allocation chômage. Pour cela, il faut simplement justifier l’absence de revenus avec :
- Un procès-verbal de décision de nom rémunération
- Une attestation de non-rémunération
Ces documents sont à fournir à France Travail (anciennement Pôle Emploi), et la situation du président doit être actualisée chaque année.
Comment calculer sa rémunération en tant que dirigeant de SASU ?
Calculer votre rémunération nécessite de prendre en compte plusieurs facteurs pour équilibrer vos besoins personnels, les finances de votre entreprise et vos obligations fiscales et sociales.
1- Évaluez vos besoins :
Fixer le chiffre exact, c’est à dire le salaire net que vous désirez vous verser tous les mois.
Il n’existe pas, pour le président de SASU, de salaire minimum.
Notez que la rémunération peut aussi comprendre des éléments variables et des avantages en nature.
2- Prenez en compte des charges sociales :
Le calcul de votre salaire doit se faire à l’envers, ajoutez au salaire net désiré les charges sociales associés.
Pour cela, faites le calcul suivant : salaire net x 0,75.
Les charges sociales, qui comprennent les cotisations salariales d’environ 22 % et les cotisations patronales d’environ 50 %, représentent en moyenne 75 % du salaire net avant impôt que vous souhaitez percevoir.
3- Assurez-vous que votre entreprise peut supporter cette dépense.
Afin de pouvoir vous verser une rémunération sans mettre à mal votre société, n’oubliez pas de prendre en compte
- Les charges fixes de la SASU (loyer, factures d’énergie, abonnements divers, taxes et impôts, frais bancaires, assurance, etc.) ;
- les charges variables ;
- la trésorerie nécessaire ;
- les dotations aux amortissements
Ainsi vous pourrez avoir une visibilité sur les besoins de votre entreprise et la somme que vous pouvez dégager pour votre salaire.
Les dividendes pour augmenter les revenus ?
Les dividendes ne sont pas des salaires, mais ils augmentent vos revenus. En SASU, ils n’engendrent pas de charges sociales pour les assimilés salariés, contrairement aux gérants TNS en SARL.
Il faut savoir que vous ne pouvez percevoir des dividendes qu’après le premier exercice comptable et que si votre société a enregistré des bénéfices et s’est acquitté de l’impôt sur les sociétés.
Important à noter : les dividendes ne réduisent pas l’impôt de sur les sociétés, ils ne sont pas considérés comme une charge.
Pour en savoir plus sur les dividendes, consultez notre article dédié ici.
Quel arbitrage entre salaires et dividendes ?
Il s’agit de la question cruciale.
Le choix va dépendre de votre situation personnelle, de la composition de votre foyer fiscal, de votre tranche d’impôt sur le revenu mais également de vos objectifs et de l’importance que vous accordez au système actuel.
En faisant le choix d’une rémunération importante, vous cotiserez beaucoup dans le système actuel et vous profiterez d’une bonne couverture sociale.
A l’inverse, si vous faites le choix de dividendes, cela signifiera que vous ne croyez pas au système actuel et que vous comptez exclusivement sur la capitalisation pour subvenir à vos besoins en cas d’arrêt d’activité ou pour vos vieux jours.
Un équilibre mixte entre rémunération et dividendes permet donc de limiter le risque et de profiter à la fois d’un système par répartition et d’un système par capitalisation.
Pour cela, vous pouvez envisager de vous rémunérer 48 060 € brut annuel.
Ce montant correspond au Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), pour l’année 2026.
Vous profiterez jusqu’à ce seuil du meilleur retour sur investissement des cotisations sociales dont vous devrez vous acquitter.
C’est jusqu’à ce montant que vos cotisations sociales vous procurent le plus de droits notamment en termes de retraite de base, d’indemnité en cas d’arrêt de travail ou de pension en cas d’invalidité.
Si votre société à les moyens de vous rémunérer au-delà, vous pouvez par exemple envisager des distributions de dividendes.

