Lebonrevenu


Cabinet de conseil en stratégie de rémunération du dirigeant

Plus vous vous rémunérez, moins vous payez de cotisations sociales

Plus un dirigeant se rémunère, plus ses cotisations sociales baissent.

La plupart des dirigeants pensent que les cotisations sociales sont une ligne fixe, inévitable, dont le taux ne bouge pas. Une sorte de taxe plate qu’on subit sans vraiment la comprendre.

La réalité est plus nuancée et pour certains statuts, beaucoup plus favorable qu’on ne le croit.

Car selon votre statut social, la logique est radicalement différente.
D’un côté, un taux unique et immuable. De l’autre, un système à tranches dégressives où chaque euro de rémunération supplémentaire coûte proportionnellement moins cher en cotisations.

C’est une donnée souvent ignorée. Elle devrait pourtant être au cœur de votre stratégie de rémunération.

Sommaire

Optimiser sa rémunération, ce n’est pas simplement minimiser ses cotisations sociales.
C’est trouver le bon équilibre entre trois variables qui s’influencent mutuellement :

  • Les cotisations sociales, prélevées sur la rémunération, elles varient selon le statut
  • L’impôt sur le revenu, fonction du montant perçu et de votre tranche marginale
  • L’impôt sur les sociétés, ce qui reste dans la société est soumis à l’IS (15 % ou 25 %)

Chaque euro que vous vous versez sort du résultat de la société (économie d’IS) mais génère des cotisations sociales et potentiellement de l’impôt sur le revenu.
Chaque euro laissé en société évite ces prélèvements mais est taxé à l’IS.

C’est précisément dans cet arbitrage que la dégressivité des cotisations sociales joue un rôle stratégique. Comprendre comment évolue ce taux selon votre niveau de rémunération change la façon dont vous construisez votre stratégie.

Le président de SASU ou de SAS relève du régime général de la Sécurité Sociale en tant qu’assimilé salarié. Il bénéficie d’une couverture sociale proche de celle d’un salarié classique avec les cotisations qui vont avec.

Le taux global de cotisations sociales (charges patronales + charges salariales) représente en moyenne 77 % du net versé.

Ce que ça signifie concrètement : pour chaque tranche de 1 000 € net que vous vous versez, votre société supporte 770 € de charges sociales supplémentaires. Le coût total pour l’entreprise est donc de 1 770 € pour 1 000 € perçu par le dirigeant avant impôt sur le revenu.

Ce taux s’applique de manière quasi-uniforme jusqu’à un seuil élevé (au-delà de 384 480 € de rémunération nette annuelle), où il descend autour de 40 %. Un niveau que la grande majorité des dirigeants n’atteint pas.

En pratique, pour l’écrasante majorité des présidents de SASU : 77 %, quel que soit le montant versé.

À noter : les avantages en nature (véhicule de fonction, logement de fonction…) entrent également dans l’assiette de cotisations, au même titre que la rémunération en espèces.

Le gérant majoritaire d’EURL ou de SARL et l’entrepreneur individuel, relèvent du statut de Travailleur Non Salarié (TNS), affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI).

La logique est fondamentalement différente : 
Le taux de cotisations sociales baisse à mesure que la rémunération augmente.

Pour les artisans, commerçants, professions libérales non réglementées et industriels, les tranches sont les suivantes en 2026 (cf URSSAF) :

Tranche de rémunération netteTaux de cotisations
Jusqu’à 48 060 € (1 PASS)46 %
De 48 060 € à 144 180 € (3 PASS)32 %
De 144 180 € à 192 240 € (4 PASS)28 %
Au-delà de 192 240 €25 %
Important : ces taux s’appliquent aux artisans, commerçants, professions libérales non réglementées et industriels affiliés à la SSI. Les professions libérales réglementées (CIPAV, CNAVPL, CARPIMKO, CAVEC, etc.) disposent de leurs propres barèmes, qui peuvent différer sensiblement.

La lecture de ce tableau mérite qu’on s’y arrête. Un TNS qui se verse 48 000 € net paie 46 % de cotisations sur l’ensemble. Celui qui se verse 150 000 € paie encore 46 % sur la première tranche, mais seulement 32 % sur tout ce qui dépasse le PASS. Son taux effectif global descend à mesure que sa rémunération monte.

C’est l’inverse de ce que beaucoup imaginent.

Ces taux ne s’appliquent pas uniquement à la rémunération nette versée.
Trois éléments viennent élargir l’assiette et sont souvent sous-estimés :

  • Les avantages en nature (véhicule, logement…) sont intégrés dans la base de calcul des cotisations, comme pour les assimilés salariés.
  • Les cotisations versées aux contrats Madelin (PER, mutuelle, prévoyance) sont elles-mêmes comprises dans l’assiette sociale elles font partie du superbrut sur lequel s’appliquent les taux TNS.
  • Les dividendes perçus au-delà de 10 % du capital social (des primes d’émissions et de la moyenne du compte courant d’associés) sont soumis aux cotisations TNS, au même titre que la rémunération.

Ce dernier point est stratégiquement important :
Contrairement aux idées reçues, profiter de dividendes soumis à cotisations sociales, donc au delà du seuil de 10 %, peut-être une opportunité sous réserve de se trouver dans les tranches sociales les plus faibles.

Deux exemples chiffrés : prenons deux dirigeants dans des situations courantes, pour voir ce que ces taux produisent réellement.

SASU (assimilé salarié)TNS (artisan / commerçant / PL NR)
Rémunération nette60 000 €60 000 €
Cotisations sociales46 200 €25 928 €
Coût total entreprise106 200 €85 928 €
Taux effectif de cotisations77 %43,2 %

Écart de coût : 20 272 € pour le même net perçu.

SASU (assimilé salarié)TNS (artisan / commerçant / PL NR)
Rémunération nette120 000 €120 000 €
Cotisations sociales92 400 €45 128 €
Coût total entreprise212 400 €165 128 €
Taux effectif de cotisations77 %37,6 %

Écart de coût : 47 272 € pour le même net perçu.

Et le taux effectif du TNS est passé de 43,2 % à 37,6 % entre les deux exemples, c’est la dégressivité en action.

À mesure que la rémunération augmente, l’écart se creuse. À 150 000 € net, il dépasse 61 000 € de différence de coût pour l’entreprise, avec un taux effectif TNS descendu à 36,3 %.

Le taux de 77 % est fixe. Chaque euro de rémunération supplémentaire coûte autant que le précédent à l’entreprise. C’est précisément ce qui rend l’arbitrage rémunération / dividendes si déterminant pour les présidents de SASU.

Au-delà d’un certain seuil, distribuer des dividendes plutôt que d’augmenter sa rémunération peut devenir nettement plus efficient, même en tenant compte de la flat tax à 31.40 %.

La dégressivité change le calcul. Dépasser 1 PASS (48 060 €) ne signifie pas nécessairement qu’on entre dans une zone défavorable. Le taux passe de 46 % à 32 % : la cotisation supplémentaire coûte beaucoup moins cher qu’on ne le croit.

C’est l’une des raisons pour lesquelles, en EURL, s’arrêter au PASS par réflexe est souvent une erreur. Au-delà, les cotisations continuent de financer des droits (retraite complémentaire notamment), à un coût marginal plus raisonnable.

Cela ne signifie pas qu’il faut se rémunérer sans limite. L’impôt sur le revenu entre en jeu et rééquilibre l’arbitrage. Mais la cotisation sociale seule ne doit pas être le seul critère d’arrêt.

Cotiser moins, c’est aussi valider moins de droits. Les cotisations ne sont pas que des charges, elles ouvrent des droits à la retraite, à l’invalidité, aux indemnités journalières.

La comparaison entre statuts ne peut donc pas se limiter au coût. Elle doit intégrer ce que ces cotisations financent réellement.

Ce qu'il faut retenir

  • En SASU / SAS, le taux de cotisations est de 77 % du net, quasi-uniforme quel que soit le niveau de rémunération. Pour 1 000 € net versés, la société supporte 770 € de charges.
  • En EURL / SARL (TNS), le système est dégressif : 46 % jusqu’au PASS, puis 32 %, 28 %, 25 %. Plus vous vous rémunérez, plus votre taux effectif baisse.
  • Ces taux s’appliquent aux artisans, commerçants, PL non réglementées et industriels. Les professions libérales réglementées disposent de barèmes différents selon leur caisse.
  • Pour les TNS, l’assiette de cotisations ne se limite pas à la rémunération : avantages en nature, cotisations Madelin (PER, mutuelle, prévoyance) et dividendes dépassant 10 % du capital social et des réserves y sont également soumis.
  • L’écart de coût entre les deux statuts peut dépasser 47 000 € par an à 120 000 € de rémunération nette — pour un net identique perçu.
  • La dégressivité TNS ne doit pas être analysée seule : elle s’intègre dans un arbitrage global entre cotisations, impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés.

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