Préparer sa retraite en tant que dirigeant est un sujet délicat dont il faut se saisir le plus tôt possible.
Les dirigeants, selon leurs statuts, s’acquittent de cotisations calculées avec des modalités différentes (taux et plafonds) et chaque régime a ses propres taux de cotisations et ses modalités de calcul des droits.
À rémunération équivalente, il est possible que la pension retraite d’un chef d’entreprise ne soit pas la même. Pour cela il est impératif de connaitre ses cotisations retraite de bases et complémentaires et bâtir une stratégie fiscale efficace et adaptée à votre situation actuelle et future.
La retraite du dirigeant assimilé-salarié
Pour qui ?
- le gérant non associé d’EURL
- le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL
- le président de SAS / SASU ou SA
Quel est son régime de retraite ?
De la même manière qu’un salarié du privé, le dirigeant assimilé salarié est couvert par le régime général de la Sécurité Sociale. La gestion de sa retraite se fait par l’Assurance Retraite et sa retraite complémentaire par Agirc-Arrco.
Cependant, il est à noter que bien qu’il soit considéré comme salarié, il ne peut accéder à l’assurance chômage et aux réductions de charges sociales sur les bas salaires.
Comment se calculent les cotisations retraite de base d’un dirigeant assimilé-salarié ?
Pour les dirigeants assimilés salariés, les cotisations retraites de base versées sont identiques à celles d’un salarié, autrement dit 17.75 %.

La retraite du dirigeant travailleur non-salarié (TNS)
Pour qui ?
- L’associé gérant d’EURL
- Le gérant majoritaire en SARL
- L’associé de SNC
Quel est son régime de retraite ?
Le TNS est affilié soit à :
- La Sécurité sociale des indépendant (SSI depuis janvier 2020, anciennement RSI) s’il est artisan, commerçant, industriel ou profession libérale non réglementée
- A une caisse spécifique s’il s’agit d’une profession libérale réglementée (CAVEC, CARMF, CNBF…)
Comment se calculent les cotisations retraite de base d’un travailleur non-salarié (TNS) ?
Les cotisations sociales des TNS affiliés à la SSI sont calculées sur la base des revenus annuels de son activité professionnelle. Il est à noter qu’au-dessus du plafond annuel de la Sécurité Sociale (PASS), le TNS a des cotisations considérablement moins élevées par rapport à celles d’un dirigeant assimilé salarié.

Exemple :
Si un TNS déclare annuellement 100 000 €, il cotise dans son cas de figure 8 741,13 € pour sa retraite de base
Ce qui correspond au calcul : 47 100 x 17.75 % + (100 000 – 47 100) x 0.72 %
Comment se calculent les cotisations retraite complémentaires d’un travailleur non-salarié (TNS) ?
Pendant longtemps, le gouvernement avait décidé d’appliquer un autre seuil que le PASS pour calculer les cotisations de retraite complémentaires des TNS.
Il s’agissait jusqu’en 2024 de 42 946 €.
Suite à une réforme applicable sur les revenus 2025, le seuil des TNS devient uniforme avec celui des assimilés salariés, à savoir 47 100 €;
En dessous du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), il n’y pas de grandes différences de cotisations retraite selon les statuts. Au-dessus de 47 100 € de revenus annuels, les cotisations d’un dirigeant assimilé salarié sont plus hautes, ce qui peut induire une meilleure protection sociale.
Cependant, le dirigeant TNS, peut tenter de tirer avantage de ces cotisations moins fortes.
En ayant des charges sociales moins importantes, il est possible d’allouer ce budget sur un autre poste comme par exemple un contrat retraite supplémentaire qui fonctionnerait par capitalisation et non pas par répartition.
Mais concrètement, est-ce que ces cotisations retraite sont rentables ? Combien elles rapportent réellement au dirigeant ?
Une partie des cotisations sociales est dédiée à couvrir les revenus en cas d’arrêt de travail ou d’invalidité. Cela correspond à des indemnités, ou une pension qui équivaut à environ 50 % de vos revenus dans la limite de 1 962,5 € / mois (TNS ou assimilé salarié concernant l’invalidité).
Une autre partie n’apportera aucun « retour sur investissement », cela peut être assimilé à des taxes sociales. Il s’agit des allocations familiales, de l’assurance maladie, de la CSG CRDS etc.
La dernière partie, concerne les fameuses cotisations pour la retraite de base et la complémentaire retraite.
Prenons l’exemple d’un gérant d’EURL qui se rémunère uniquement une année à hauteur de 47 100 €. Il payera 21 809 € de cotisations sociales. Sur cette somme, 12 385 € sont liés aux cotisations pour la retraite.
Avec les fameux calculs de points, il aura acquis pour 797 € de droits.
( 797 / 12 385 ) x 100 = 6.43 %
C’est l’équivalent de donner 12 385 € à une compagnie d’assurance et qu’en contrepartie elle vous verse une pension de retraite de 797 € par an jusqu’à la fin de vos jours, et ce, à compter du jour ou vous partirez à la retraite.
A noter : il faut retirer la CSG/CRDS qui est de 9.10 %, le rendement tombe à 5.90 % et il faut retirer l’impôt sur le revenu, si vous êtes dans une tranche à 30 %, le rendement tombe à 4.13 %
De plus, il est fort probable que la valeur des points soit amenée à baisser, car le gouvernement n’a plus les moyens de financer les retraites. Le rendement baissera encore voire disparaîtra.
Quels dispositifs pour optimiser sa retraite ?
Vous l’aurez compris, le chef d’entreprise ne doit pas s’appuyer seulement sur ses cotisations pour espérer avoir une retraite confortable. Il se doit de la préparer le plus tôt possible et plusieurs dispositifs supplémentaires existent pour anticiper l’arrêt de son activité.
Le Plan Epargne Retraite Individuel
Avec un large choix de placement, le PER peut s’avérer être un support intéressant pour se construire une retraite par capitalisation.
Les cotisations versées à titre personnel seront déductibles de son revenu imposable et viendront diminuer l’impôt.
Attention en revanche, le jour ou le dirigeant récuperera les fonds, c’est-à-dire une fois qu’il aura liquidé ses droits à la retraite, il subira de la fiscalité.
La sortie pouvant se faire soit sous forme de rente, soit en capital, dans les deux cas, les sommes récupérées seront réintégrées à ses revenus et soumis à impôt.
Le contrat PER Madelin
Destiné exclusivement aux dirigeants non-salariés (TNS) : les cotisations versées peuvent être déductibles du bénéfice imposable de l’entreprise (dans la limite d’un certain seuil).
Le plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERECO)
Le PERECO est un dispositif d’épargne dont l’objectif est simple : épargner collectivement en entreprise.
Il permet d’investir certaines sommes telles que : l’intéressement, la participation, les droits inscrits sur un compte épargne temps etc. Il est également possible de faire des versements volontaires.
Le PERECO permet d’améliorer la retraite des salariés mais aussi d’utiliser les sommes investies pour financer les entreprises.
En tant que dirigeant, pour pouvoir en profiter, la présence d’un collaborateur dans la structure est obligatoire.
Les conditions d’accès et plafonds seront identiques pour le dirigeant et ses salariés.
La liste n’est pas exhaustive, et préparer sa retraite ne se limite pas au paiement des cotisations. Diversifier les stratégies avec des dispositifs supplémentaires peut maximiser les avantages fiscaux et sociaux.
Notez tout de même que vous n’avez pas la main sur tous les leviers, il est possible que vous n’ayez pas de visibilité sur les rendements de vos investissements financiers et que la politique des retraites en France évolue.
Pour savoir comment préparer sa retraite au mieux tout en optimisant sa situation fiscale, faites le choix de l’expertise.
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